Fumer tue. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
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Club Cigares & Compagnie
Discours de fin d'année 2007
Ma première expérience du Cigare
En tant que Femme
Mes chers amis,
Ce n'est point ma prose que je vais déclamer ici ce soir, mais celle d'une femme qui a écrit ces mots à l'attention de
ses amies dont l'une d'elles m'en a transmis copie et que je me permets de vous rapporter.
Mes chères amies,
Je me dois de vous conter ma 1ère expérience avec
le cigare. Bien que mon mari en fume, j'en avais une certaine
répugnance sans doute due aux odeurs de tabac qui en imprègne ses vêtements et de ce que j'en avais entendu qui
n'éveillait en moi que dégoût, bien convaincue qu'en plus d'être typiquement masculin, c'était de toute façon très
malsain et certainement mauvais. C'est donc Tony qui un soir, après un bon dîner, alors que nous devisions sur notre
sofa un verre de vieux Whisky brut de fût en main, estima que l'atmosphère était propice à mon
initiation à cette pratique (j'en déduis que tous les moments ne sont pas appropriés ?).
Il m'enseigna alors le rituel voire l'art
qui accompagne cette dégustation et que je tiens à vous relater tant la réalité est tout autre
que ce qui en est dit et que je l'avais imaginé :
"Les cinq sens vont participer à ce plaisir", me dit-il, "c'est pourquoi tu commences par admirer
l'objet de ton désir, sa forme, sa longueur, son diamètre des plus majestueux et la finesse du
grain de peau. Ainsi, tu te réjouis de l'instant à venir. Puis tu
le prends délicatement entre tes doigts pour le
soupeser, en ressentir la douceur et la texture. Tu le fais rouler
doucement, sans le brutaliser, mais fermement néanmoins pour en découvrir la dualité du mou
et du ferme qui le caractérise à ce moment là. Ce temps de caresses du
cigare le chauffe doucement de sorte que petit à petit il exhale déjà ses
premiers parfums. Il faut maintenant lui préparer la tête, l'extrémité du
cigare qui vient en bouche. Cette opération qui consiste à enlever d'un
geste sûr et précis la partie qui recouvre la tête est communément appelée la
décapitation. Il est plus poétique de dire que tu décalottes le cigare, ce qui permet alors d'en
découvrir la poupée, partie juste recouverte par la cape et qui contient
toute l'alchimie qui en forge les traits de caractère encore à peine entrevus à ce stade de la dégustation et qu'on
appelle "la liga". Maintenant, tu peux enfin prendre
l'objet de toutes tes attentions en bouche mais
sans l'allumer ! C'est le fumage à cru où de légères aspirations vont
découvrir les premières senteurs, souvent florales et délicates. Ce faisant, cette douce succion
va quelque peu mouiller son extrémité et c'est tout à son avantage. Tous ces préliminaires
participent pleinement au contentement global et de plus font saliver, ce
qui est primordial pour ressentir pleinement les goûts et permettre l'épanouissement
du plaisir. Enfin lorsque l'envie ne peut plus attendre, lorsque le désir est devenu pressant,
tu lui déclares pleinement ta flamme et tu l'embrases
sans retenue. Il doit être brasier ardent, rougi comme un volcan avant l'éruption et, presque
sauvagement, tu le prends en bouche pour des aspirations profondes.
Le cigare s'enfle alors de ses arômes et senteurs et va, petit à petit se
dévoiler de plus en plus. Tu sens monter la force et la puissance et ce
jeu de découverte et de ravissement va s'amplifier jusqu'à l'extase. En
effet, quand le cigare est de bonne facture, il ne déçoit pas, n'a pas d'amertume en bouche, n'est pas ennuyeux ou
lassant, bien au contraire, il est vivant, il réagit
à ton rythme et évolue progressivement, tu ne peux pas, tu ne peux plus le laisser s'éteindre.
Tire avec délectation, tout en prenant ton temps pour ne pas le chauffer
en excès car s'il se consume trop vite il ne donnera pas toute sa puissance et peut même laisser une légère âcreté,
voire du piquant sur la langue. Tranquillement mais surement, tu le laisses monter en
puissance. Ton plaisir grandi tandis que tu pompes
ses saveurs et lorsqu'arrivé à sa quintessence il explose en bouche,
profite pleinement de sa fougue presque compacte qu'il répand en abondance
à chaque bouffée. Surtout, n'en perd pas une goutte, garde longuement le
fruit de sa trippe pour en absorber toutes les finesses, les
subtilités et les saveurs. C'est le moment de plénitude qui restera
attaché au souvenir de ce cigare devenu maintenant si particulier".
Je dois vous avouer, très chères amies, que cette expérience m'a non seulement comblée
mais quelque peu troublée par
le plaisir qu'elle m'a procuré si loin de l'idée que j'en avais. Et mon trouble fut accentué par
la dernière remarque de mon "coach" qui devant mon air béat et assouvi a conclu l'initiation par ces mots :
"Ma chérie, pour la prochaine leçon, je pense que tu es apte à essayer la pipe !"
Je tiens à rajouter à cette éducation criante de vérité que si l'on dit beaucoup de bien des cigares cubains ou
dominicains et c'est sans doute vrai, bien que le coté exotique participe certainement à en enjoliver les mérites,
je puis vous assurer que le cigare bien de chez nous, le cigare de France et notamment de Navarre, vaut vraiment le
détour. C'est pourquoi, je vous invite instamment, Mesdames, à découvrir mon grand double corona de 23cm, sous sont
tube protecteur ou nature, étant certain de votre contentement et que ce moment qui restera gravé en vos mémoires
comme un ravissement divin ne partira, lui, jamais en fumé !
Christophe BUET Votre Calife du Club Cigares & Compagnie, le 06 décembre 2007 - Toulouse