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Cigares & Compagnie |
Le Cigare
Le cigare est le fruit d'artistes, alors ayons l'art de fumer le cigare.
Nous allons dans cette page parler du cigare sous toutes ses coutures, de technique de fabrication, de conservation du cigare avec la thermodynamique et l'hydrodynamique, de technique de coupe et d'allumage du cigare, de la dégustation et des alliances du cigare, bref, plein d'informations sur le cigare et de "bons" conseils.
Nous allons essayer de répondre à ces différentes questions : "Quels tabacs dans le cigare ?", "Le cigare et la nicotine", "Comment est fabriqué un cigare ?", "Comment fumer le cigare ?", "Comment préparer un cigare ?", "Comment couper un cigare ?", "Comment allumer un cigare ?", "Comment déguster un cigare ?", "Comment apprécier un cigare ?", "Quel cigare fumer ?", "Quand fumer un cigare ?", "Comment bien conserver ses cigares ?", "Quelles alliances avec le cigare ?", "Comment parler du cigare ?", ...
Mais tout cela n'a qu'un but, vous permettre d'affirmer et assumer vos goûts, car la clé du plaisir est propre à chacun de nous, fonction de nos expériences, et personne ne doit vous en imposer les règles. Alors...Fumez le cigare comme vous aimez et aimez votre façon de fumer !
Les informations qui suivent sont données en toute bonne foi. N'hésitez pas à réagir aux différents articles tant pour les corriger, les modifier, les compléter, apporter une précision ou simplement un commentaire, une critique, une question, un doute ou nous dire votre appréciation générale ou sur des points particuliers. En fin de chaque article, un lien "Réagissez à cet article" vous ouvre une fenêtre de commentaires à votre disposition.
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Le plant de tabac destiné aux cigares arrivé à maturité n'a pas de fleur. En effet, les bourgeons à peine visibles sont "pincés" ce qui bloque leur développement et permet aux feuilles de disposer de toute la sève de la plante. A gauche, plants de "corojo" de Salvador Carvajal à Hoyo de Mena (Pinar del Rio). Ils sont élevés sous serre de voile "tapado" afin de filtrer les rayons du soleil, plus d'un quart des feuilles serviront de cape. Autre variété de tabac : le "criollo" pour les feuilles de tripe. A droite, des plants au centre de recherche de San Juan y Martinez dont les fleurs sont enveloppées pour garder les graines et éviter la dissémination |
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La position de la feuille sur la plante (l'étage foliaire) influe sur son utilisation. On distingue de 3 à 7 étages foliaires sur un plant de tabac. La récolte se fait en plusieurs temps (tiempos) en commençant par les feuilles basses pour aller aux plus hautes. La force des feuilles croît de même. Les feuilles basses (volado) sont légères et servent principalement à la combustion du cigare. Les feuilles basses/moyennes (seco) ont plus d'arômes et sont encore légères, elles donneront en grande partie la palette aromatique. Les feuilles moyennes/hautes (ligero) sont plus nourries par la plante et plus ensoleillées, elles ont du corps et de la force. Enfin, les feuilles plus hautes (medio tiempo) sont plus grasses et plus épaisses et donneront plus de puissance. Mais plus on monte dans la plante, plus les feuilles nécessitent un long vieillissement. D'un minimum de 9 mois pour les volado, 18 mois pour les seco, 3 ans pour les ligero et 3 à 5 ans pour les medio tiempo. Ce temps peut varier suivant l'utilisation finale des feuilles. Tout commence par le séchage (de 20 à 50 jours) dans des hangars où les feuilles cousues par paire sont suspendues tête en bas. La ventilation du hangar est alors primordiale pour un séchage de qualité. Puis les feuilles sont empilées par catégorie et va débuter leur fermentation également très surveillée en terme d'humidité et de température. Cette fermentation peut être réalisée en 2, 3 voire 4 fois. Les feuilles sont généralement écotées (enlever la nervure centrale) après la première fermentation sauf pour les feuilles de cape. Cette fermentation va permettre à la feuille de concentrer ses arômes en favorisant la volatilisation d'une bonne partie de sa nicotine et de l'ammoniac, mais également de l'albumine, du chlore, du sucre, etc. Puis c'est le long mûrissement fonction du type de feuille et de sa destination. |
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Les différentes feuilles arrivent auprès du torcedor/torcedora (rouleur/rouleuse) triées en fonction de la vitole à fabriquer. La "liga" (mélange dont est fait le cigare) est (normalement) connu que par très peu de personnes. Le torcedor sait donc la proportion de chaque feuille à mettre dans l'assemblage. Après s'être assuré qu'aucune nervure ne subsiste, l'assemblage commence par les feuilles les plus puissantes (ligero) qui sont pliées en accordéon. Puis autour, les feuilles d'arôme (seco) et enfin, toujours à la périphérie et toujours en accordéon, les feuilles de combustion (volado). Ces feuilles composent la tripe et sont maintenues par deux demi-feuilles placées en oblique l'une par rapport à l'autre, la sous-cape, pour former la poupée. La sous-cape est collée par de la colle végétale (naturelle) inodore et sans saveur. Cette poupée est alors mise en moule pour être pressée de 30 minutes à 24 heures suivant la fabrique. En cours de presse, la poupée est tournée d'un quart de tour pour éviter d'être marquée à la jointure du moule. Par habileté, un torcedor peut rouler 90 à 120 cigares par jour sans qu'il y ait de différence notable de poids et de diamètre dans ses réalisations. Un bon grammage est aussi le gage d'un bon tirage. Après la presse, les poupées sont habillées de la (demi) feuille de cape, jolie et soyeuse, qui doit être sans défaut. Retournée pour avoir les nervures en interne, elle est découpée avec la chaveta (couteau arrondi) puis bien étirée. La poupée est alors présentée de biais pour être roulée délicatement. Lorsqu'elle n'est pas réalisée avec la cape qui dépasse, la partie la plus complexe réside dans la découpe et la pose de la tête (ou coiffe), donnant alors au cigare sont aspect si parfait. L'autre bout, le pied, est alors coupé à la dimension du module et les cigares seront ensuite triés par couleur de cape identique afin d'offrir une présentation homogène dans leur coffret, les bagues toujours à même hauteur. Depuis la sélection de la graine au cigare de votre boîte, autour de 300 manipulations humaines seront intervenues pour notre plus grande satisfaction. |
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De nos jours, les cigares sont congelés directement en fabrique ce qui élimine le problème de larves de lasioderme qui pourraient se développer et faire un festin de vos précieuses vitoles. Néanmoins, en cas de cigares douteux, congelez-les préventivement un minimum de 72 heures en prenant soin de les mettre sous plastique étanche afin qu'ils n'absorbent pas les odeurs du congélateur, puis un passage au réfrigérateur (24h à 48h selon le volume de cigares) pour une décongélation lente. S'il est trop tard, il existe des pièges à lasiodermes. Ce problème évité, notre principale préoccupation va être le maintien de l'hygrométrie de l'air environnante des cigares à 70% d'humidité relative (HR). La température n'a quasiment pas d'importance sur la conservation. Inférieure à 20°C, elle évitait l'éventuelle éclosion de lasiodermes. Le cigare, à 70% HR, continue sa maturation qui est ralentie au-dessous de 20°C et bien entretenue entre 20 et 30°C. Par contre, à température élevée, il faut plus d'eau pour maintenir le taux d'humidité. Les cigares seront conservés en cave dont les caractéristiques diffèrent selon la taille. Sur des petits modèles, il faut s'assurer de l'étanchéité du couvercle. Faites le retomber, l'air enfermé doit alors amortir sa chute en douceur sans choc violent. Sinon la cave va très vite s'assécher. Pour des grandes caves (> 300 cigares) et armoires, l'étanchéité ne doit pas exister, le volume d'air étant suffisant pour éviter l'assèchement. Les caves se doivent d'être, à l'intérieur, en matière neutre, l'idéale étant insectifuge (donc odorante) mais en harmonie avec le cigare. C'est le cas du cèdre d'Espagne (d'Amérique latine), le plus utilisé en la matière. Si possible, gardez les boîtes de cigares qui permettent une identification aisée de vos vitoles mais également une inertie aux variations hygrométriques. En effet, le bois et les feuilles de cèdre absorbent l'humidité et la rendent si l'air s'assèche. Pour humidifier vos caves, vous disposez de nombreux humidificateurs sur le marché. Remplissez-les avec de l'eau déminéralisée pour ne pas détruire le support (éponge, mousse pique fleurs) ou coupée avec une solution de propylène glycol qui a la propriété de laisser s'évaporer l'eau sous 70% HR et de créer un voile empêchant l'évaporation au-dessus de 70% HR. Le deuxième point à bien surveiller est l'homogénéisation de l'air de sa cave, pour les grandes caves, afin d'éviter des cigares trop humide près de la source d'humidité et trop sec à l'autre bout, généralement en haut de sa cave. Il faut donc ventiler régulièrement l'air dans la cave, de petits ventilateurs temporisés existent ainsi que des systèmes professionnels qui assurent toutes les fonctionnalités. |
Quand fumer le cigare et quel module choisir ?
Bien sûr, la liberté la plus complète est laissée à chacun de fumer quand il veut et
le cigare qu'il veut. Nous allons ici simplement donner quelques repères qui peuvent s'avérer forts utiles
pour apprécier pleinement une vitole. En premier lieu, le fumeur de cigare ne peut profiter de son plaisir s'il sait
qu'il nuit à celui d'autrui. Ainsi, nous ne fumerons le cigare qu'en bonne compagnie qui l'accepte volontiers et nous
nous abstiendrons lorsque notre fumée peut gêner le voisinage et systématiquement en présence d'enfants.
Ensuite, certains moments sont plus propices que d'autres pour attaquer un cigare : la fin d'un repas, notamment en
alliance avec quelques breuvages alambiqués, une pause dans la journée, seul ou avec d'autres amis fumeurs de cigare.
Le lieu également importe, privilégiant les extérieurs et les espaces bien aérés. Mais ce
qui va prévaloir sur toutes autres considérations, c'est votre état d'esprit. On ne fume pas un cigare comme une
cigarette, par manque ou par habitude, on déguste un cigare. Il faut donc être prêt à "déguster" pleinement son module.
De cette humeur de l'instant, le choix de la vitole dépend énormément. Mais avant de sélectionner sa vitole,
définissons le module. Ce dernier va dépendre essentiellement du temps que vous avez à lui consacrer. Estimez au
mieux ce temps de tranquillité disponible pour définir le module à retenir en fonction également de votre manière de
fumer et donc votre vitesse de fumage. Les temps moyens pour fumer un cigare sont (pour les modules les
plus courants) de l'ordre de :
Panatella (115 x 10,32mm) 45mn à 1h00,
Robusto (124 x 19,84mm) 1h00 à 1h30,
Corona (142 x 16,67mm) 1h15 à 1h45,
Churchill (178 x 18,65mm) / Piramides (156 x 20,64mm) 1h30 à 2h00,
Double Corona (194 x 19,45mm) 1h45 à 2h15,
et les nouveaux modules à la mode :
Short Robusto (101 x 19,5mm) 45mn à 1h15,
Short Churchill (124 x 18,65mm) 1h à 1h30,
temps de fumage qui varient d'un individu à l'autre et d'ailleurs aussi pour un même individu.
Ensuite, le ou les modules envisagés, et ce n'est pas le choix qui manque,
vous pouvez regarder ce qui est en rapport et disponible dans votre réserve ou à la civette du coin où votre débitant
peut être de bon conseil notamment pour découvrir une nouvelle vitole.
Sélectionnez alors suivant votre humeur une vitole légère et/ou aromatique, corsée et plus ou moins puissante etc.
Attention, les cigares les plus gros ne sont pas forcément les cigares les plus forts, loin de là, et les cigares les
plus fins pas forcément les cigares les plus aromatiques.
La coupe et l'allumage du Cigare
Là aussi, votre plaisir sera seul juge de votre façon de couper la tête du cigare.
Il y a quand même quelques conseils à donner et quelques attitudes à proscrire. La coupe doit être franche et sans bavure.
Privilégiez un bon outil comme les doubles guillotines ou ciseaux qui ont deux lames tranchantes arrondies portant
ainsi la force de coupe sur une grande partie du cigare qui est ainsi coupé de part et d'autre. Les guillotines simples
peuvent "écraser" le cigare au risque de le déchirer. Evitez les coupes en V qui créent une accumulation de goudrons et
nicotine sur les bords. De même, introduire une allumette dans la tête pour tenir le cigare entre les dents ne peut que
gêner le tirage et provoquer un nœud qui accumulera goudrons et nicotine rendant le final âcre et piquant.
Après c'est la sensibilité de chacun qui permettra de parfaire la coupe. Pour ma part, ma préférence va à une coupe
juste au-dessous du début de la tête (sauf pour les obus où la distance sera plus grande) offrant ainsi un léger
arrondi des plus doux et agréable aux lèvres comparé à l'arrête d'une coupe sur la partie droite, tout en laissant un
tirage quasi maximal. De plus, une partie de l'habillage spéciale de la tête reste ainsi bien en place maintenant
la feuille de cape qui à tendance à se dérouler lors de coupes trop hautes.
Cette opération minutieuse peut avantageusement être réalisée avec un emporte-pièce (pratique qui remonte aux temps
des cow-boys qui utilisaient une douille vide pour couper leur cigare) avec le problème qu'il faut une taille
d'emporte-pièce pour chaque diamètre de cigare car un orifice réduit ne donne plus le plein tirage du diamètre avec
l'aisance et la pleine saveur qu'il procure et peut entraîner les problèmes d'accumulation vus précédemment.
Pour l'allumage, toute source pouvant imprégner d'une odeur le cigare
(briquet à essence, bougie, allumette parfumée ou à l'encens) est à proscrire.
En effet, ces odeurs seront immédiatement absorbées par le cigare au risque de le gâcher.
Les briquets à gaz ou les allumettes en bois feront très bien l'affaire. Même si quelques méthodes tiennent plus du
spectacle que de l'efficacité, ainsi l'allumage avec la feuille de cèdre qui enveloppe le cigare (Cedros, tube) ou
qui se trouve dans les boîtes, la flamme fait sensation, mais faites vite car le cèdre brûle rapidement et attention
aux brûlures. Ou avec une alliance d'alcool, retournez un verre à pied, versez quelques gouttes
de votre alcool dans le creux du pied et flambez-le. Vous pouvez y allumer votre cigare en aspirant puisque les
parfums dégagés sont ceux de l'alliance que vous dégusterez tout au long du fumage. Effet garanti.
L'idéal est quand même de pouvoir allumer son cigare sans aspirer et c'est là qu'interviennent les briquets chalumeaux
dont la température de la flamme permet l'incandescence du tabac même sans l'oxygéner en aspirant. Les puristes iront
jusqu'à boucher la tête (coupée lors du fumage à cru) avec le pouce pour s'assurer qu'aucune aspiration ne s'y
produise. Allumez en premier le tour du pied du cigare de façon homogène puis le centre jusqu'à ce que toute la surface
soit incandescente. Vous pouvez alors tirer vos premières bouffées. Si l'allumage ne semble pas homogène, n'hésitez
pas à rallumer les parties concernées même en aspirant puisque le cigare est maintenant empli de sa propre fumée.
Peut-on rallumer un cigare non terminé ?
Oui, mais avec quelques précautions. Si on doit arrêter un cigare en cours, avant de le laisser
s'éteindre seul, soufflez dedans afin d'en chasser toutes les fumées. Lorsqu'il est éteint, frottez la cendre pour en
enlever le maximum ce qui facilitera son rallumage. Surtout ne le rangez pas dans votre cave car
les odeurs de cendre et tabac froid imprégneraient les autres cigares. Vous pourrez ensuite le finir ultérieurement.

Ca y est, la grande question est posée : "Comment déguster un cigare ?".
Là, vous êtes le seul concerné, fumez comme vous aimez. Il n'y a pas UNE façon de fumer le cigare, il y en a
autant que de fumeurs ! Les quelques conseils pour la dégustation du cigare seront surtout de bon sens.
Avant de fumer notre cigare, nous allons le sentir, le toucher, le
regarder. Rien de plus enivrant qu'humer à pleines narines les senteurs d'une boîte de cigares à son ouverture ou
celles de sa cave. Tant de parfums qui sont tout à la fois souvenirs et promesses de plaisirs. Puis admirer votre
cigare dans sa robe plus ou moins foncée, grasse et luisante. Et enfin sentez votre cigare rouler dans vos doigts,
mou et ferme à la fois, d'une régularité dans sa densité, preuve de l'expertise du torcedor. C'est d'ailleurs lors de
cette "manipulation" que l'on pourra détecter d'éventuels défauts du cigare. Si le cigare a des nœuds, s'il est trop
sec ou trop humide, si un défaut de fabrication rend le cigare trop serré et donc dur au toucher ce qui prédit un
tirage difficile, etc.
"A cru". Puis vient le moment de la dégustation "à cru" c'est à dire avant
d'allumer le cigare, dès que la tête est coupée. L'air aspiré à travers le cigare va nous permettre d'imaginer ce
qu'il sera. De pressentir certains arômes. Ces préliminaires participent au contentement global du cigare et de plus
font saliver ce qui est primordiale pour solubilisation des substances sapides et donc la détermination des goûts par
nos papilles.
Ensuite, après l'allumage, le cigare est généralement
"découpé" en trois parties (tiers) surnommées le foin pour la première partie (1er tiers partant du pied) car le début
du cigare a tendance à être léger et plus aéré. Le divin pour le tiers du milieu car les arômes ont progressés et
évolués tandis que la force, la puissance s'installe. Et le purin pour le tiers final (jusqu'à la tête du cigare) car
la concentration des goudrons et nicotine peut amener une certaine âcreté ou du piquant.
Bien que restrictive, cette découpe en trois parties permet assez souvent de définir sa
vitole en cours de fumage, même si certains cigares sont très linéaires et ne forme qu'une partie, d'autres seulement
deux parties et d'autres encore ont de nombreuses évolutions. De même les appellations caricaturales peuvent se
rapprocher du ressenti d'un cigare, même si, heureusement, certains cigares sont "divins" du début à la fin, à s'en
brûler les doigts tant on ne veut rien en perdre.
Pour bien apprécier toutes les nuances présentent dans le cigare,
faites "rouler" la fumée en bouche afin d'atteindre le maximum des papilles gustatives de la bouche qui, pour les goûts
élémentaires se situent sur le devant de la langue pour le sucré puis de chaque coté pour le salé puis sur les cotés
arrières pour l'acide et en fond de langue pour l'amer.
Essayez aussi la rétro-olfaction en amenant la fumée en fond de gorge (quitte à en avaler un peu) et rejetez-la par le
nez. Tentez le plus souvent possible de mettre des noms sur les goûts et les
sensations que vous procure votre cigare car ainsi vos échanges avec les autres amateurs en seront plus précis et
votre continuel apprentissage du goût en sera facilité. Car votre goût évolue et si vous notez vos sensations sur une
vitole à un moment donné, vous verrez quelques années plus tard que votre approche en est toute différente. Il est
aussi vrai que les cigares eux aussi évoluent et qu'en tant que produit artisanal 100% naturel, ils peuvent être
différents parfois dans une même boîte !
En cours de fumage, posez votre cigare en position horizontale sur le cendrier et non en biais sur le fond
du cendrier pour éviter un défaut de combustion. Lorsque le cigare est terminé, en respect de cette matière noble qui
a nécessité tant de soins pour sa confection et nous a donnés tant de plaisir, on ne l'écrase pas, on le laisse mourir
tranquillement.
Concernant la dégustation du cigare, n'hésitez surtout pas à lire ce témoignage poignant
"Ma première expérience du Cigare" vu par une femme
(cliquez ce lien).
Doit-on enlever "la bague" du cigare avant de le fumer ? Comme vous le
souhaitez. Si vous ne voulez pas "afficher" votre module car allergique aux fumeurs de bagues, ou simplement fumer
votre cigare sans en dévoiler l'origine, ne serait-ce que par égard aux autres fumeurs de cigare disposant d'une
vitole de moins bonne facture que la votre, vous pouvez enlever la bague. Attention néanmoins, car cette dernière est
souvent collée à la cape qu'il ne faut surtout pas déchirer. Commencez de fumer votre cigare car la chaleur permet de
mieux décoller la bague du cigare.
Là, notre cœur balance entre épicurien et hédoniste, prendre ce qu'il y a ou aller
chercher ce qui va avec ! Et oui, le cigare, s'il se suffit à lui-même, s'enrichi d'une alliance bien accordée. Et
notre beau pays est riche de ces boissons plus ou moins alambiquées qui révèlent un cigare comme elles se dévoilent
à son contact ! Là encore, à chaque généralité il y a ses exceptions et votre goût sera le juge suprême de vos
préférences. Donc en général, il ne faut pas "heurter" ou "confronter" deux caractères identiques. Un cigare
puissant voire agressif donnera tout son éclat sur la douce rondeur d'un vieux madère. A l'inverse, un cigare
aromatique tout en finesse se verra révélé et accentué par la tonicité d'un Armagnac XO.
Quels alcools utiliser ?
Ne vous imposez pas de limite et ayez l'audace d'oser. Bien sûr, il y a les classiques
Armagnac et Cognac, mais aussi les vieux Rhums (Cuba, Saint-Domingue, Martinique, Guyane, etc), des vieux Porto ou
Madère, des Maury ou Maydie, les Pineau, Baume et autres Muscat. Possible mais avec prudence les alcools forts,
schnaps (eau de vie) ou marc. Des essais à l'infini avec les Whisky et Bourbon. Et enfin, tout simplement avec
de grands vins (dont les Champagnes) qui se marient excellemment avec le cigare. Des alliances peuvent se faire aussi
avec des mets. Ainsi le chocolat accompagne parfaitement les vitoles au point de voir apparaître sur le marché des
chocolats au tabac !
Peut-on faire des alliances avec des boissons non alcoolisées ?
S'il est vrai que nous trouvons fréquemment des alcools en alliance avec les cigares, ce ne sont
pas les seules possibilités.
Dans le cadre des boissons chaudes, vous avez les thés qui sont de superbes
alliances. Là également une passion est possible tant il y a de variété, de terroir et de subtilité dans les arômes.
Donc des alliances (presque) à l'infini à découvrir et tester.
Il est réputé que chocolat et cigare se marient parfaitement, alors n'hésitez pas à réaliser des alliances de cigares
et chocolats chauds. De même, soyez curieux sur les chocolats utilisés, sur le taux de cacao, leurs origines, faites
aussi des mélanges. La cuisson participe aussi à la réussite et notamment à l'ancienne, remuer lors de la cuisson
jusqu'à ébullition pour garantir un crémeux exceptionnel avec une bonne concentration d'arômes.
Les cafés sont aussi possibles, mais plus délicats car il est difficile de boire un volume conséquent de café en
rapport avec le temps de fumage relativement long.
En boissons froides, en général on proscrira les boissons "glacées" car le
froid empêche la perception et le développement des arômes. Mais à température ambiante, vous pouvez faires des
alliances avec des jus de fruits et des cocktails (sans alcool) où on cherchera toujours à avoir une boisson subtile
avec une belle palette aromatique pour permettre l'alliance.
Comme pour les alcools, choisissez vos cigares rarement en confrontation avec votre alliance (fort contre fort, marqué
/marqué, très aromatique / très aromatique etc...) mais plutôt en complémentarité pour qu'ils se subliment l'un
l'autre.
Bref, à vous de faire des essais pour trouver des alliances surprenantes qui donnent la part belle aux goûts et
sensations ! Et n'hésitez pas à nous faire part de vos réussites ou déceptions.
| Aficionados | des fans. Comme pour d'autres disciplines comme la tauromachie, ce terme désigne des amateurs enthousiastes |
| Astragale | Colle végétale naturelle utilisée pour tenir la sous-cape et la cape. Sans odeur ni saveur, elle n'altère aucunement le goût du cigare |
| Bague | Anneau de papier qui entoure le cigare conçu à l'origine pour protéger les gants blancs des fumeurs, elle est depuis utilisée pour enjoliver la vitole et identifier la fabrique |
| Cabinet | Boîte haute où sont rangés les fagots de 50 cigares |
| Capa ou cape | La demi-feuille extérieure qui entoure la sous-cape. Souple, soyeuse, de couleur unie elle doit être sans défaut |
| Capote ou sous-cape | Deux demi-feuilles résistantes qui enveloppent la tripe et forment ainsi la poupée. Prises parmi les plus grandes feuilles de volado |
| Cepo | Gabarit utilisé pour mesurer le diamètre et la longueur d'un cigare achevé, Indique le diamètre d'un cigare donné en 64ème de pouce. |
| Chaveta | Lame semi-circulaire coupante et sans manche qu'utilisent les torcedores |
| Claro | Couleur du cigare (de la cape) la plus claire qui soit |
| Colorado | Couleur du cigare (de la cape) soutenue. Colorado claro pour marron clair ou colorado maduro pour marron foncé |
| Corojo | Variété de graine de tabac utilisée pour obtenir les feuilles de cape. Sa culture se fera à l'abri partiel du soleil sous tapados |
| Criollo | Variété de graine de tabac utilisée pour obtenir les feuilles de tripe. Résistant aux rayons du soleil, il sera cultivé en plein air |
| Culebra | Signifie couleuvre, serpent. Désigne trois cigares torsadés liés ensemble permettant à l'origine aux torcedores en "prenant" un cigare d'en avoir trois |
| Demi-roue | Fagot. Botte de 50 cigares enrubannée. Quart de roue = 25 cigares |
| Ecoter | Manipulation permettant d'enlever la nervure centrale de la feuille de tabac. L'écotage se fait entre deux fermentations sauf pour les capes qui sont écotées à la manufacture |
| Emporte-pièce | Coupe cigare cylindrique creux qui s'enfonce dans la tête et dans l'axe du cigare, permettant de l'ouvrir par un cercle qui n'abime pas les bords arrondis de la tête. Provient des douilles vides utilisées par les cow-boys. Attention, son diamètre doit être en rapport avec celui du cigare |
| Figuraro | Un cigare non cylindrique, pointu à un bout. On parle également d'Obus, Piramide, Pyramide, Torpedo, Campana ou Exquisito. Double figurado si pointu des deux cotés |
| Fumigation | Traitement effectué à la fabrique permettant d'éliminer les parasites des feuilles de tabac, notamment les lasiodermes. Une autre fumigation se faisait sur les cigares achevés. Aujourd'hui cette étape est remplacée par la congélation systématique des cigares tuant les larves et n'altérant pas le goût des cigares |
| Galera ou galère | Atelier où sont confectionnés les cigares faits main |
| Guillotine | Coupe cigare composé d'une lame en biais type guillotine sensée couper le cigare sans l'écraser. Préférer les coupes cigare à deux lames incurvées qui répartissent les efforts de coupe sur tout le pourtour du cigare. Terme générique pour les coupes cigare à lame(s) |
| Humidor | Désigne une cave à cigares équipée d'un système d'humidification pour conserver les cigares autour de 70% d'humidité relative |
| Libra de pie ou Libre de pie | Feuilles basses au pied de la plante, juste au-dessus du sol |
| Liga ou ligada | Mélange des feuilles composant le cigare et qui lui donne son caractère unique |
| Ligador | Ou Maestro Ligador, la personne responsable de la liga ou ligada, assemblage des tabacs |
| Ligero | Classe (tiempos) de feuilles de tripe. Même si ligero signifie léger, ce sont pourtant les feuilles qui donnent la force et la puissance. Elles sont généralement de couleur foncée |
| Maduro | Couleur du cigare (de la cape) très foncée |
| Module | Indique une taille standard (longueur et diamètre voire poids) de cigare que l'on peut retrouver dans différentes marques |
| Pied | Extrémité du cigare par lequel on l'allume. Il est rarement fermé |
| Poupée | Partie intérieure du cigare située sous la cape et composée de la tripe enroulée dans la sous-cape |
| Puro | Cigare dont tous les tabacs (tripe, sous-cape et cape) proviennent d'un même terroir, fait intégralement à la main |
| Robe | Terme équivalant à la cape |
| Seco | Classe (tiempos) de feuilles de tripe. Celles qui donneront principalement les arômes au cigare |
| Tapado | Signifie couvert. Désigne la culture sous voile de mousseline des feuilles de cape. Ce voile filtre les rayons du soleil pour permettre des feuilles plus souples, plus grandes et plus soyeuses |
| Tête | Extrémité du cigare que l'on met en bouche pour aspirer la fumée de combustion du cigare. Elle est fréquemment fermée, c'est la partie de cape la plus délicate à réaliser |
| Tiempos | Signifie classes. Désigne les différentes sortes (classes) de feuilles utilisées pour réaliser la tripe suivant la liga |
| Torcedor ou torcedora | Rouleur ou rouleuse, personne qui roule (confectionne) les cigares. |
| Totalmente a mano | Intégralement fait main. Permet de différencier les cigares fait main des semi-mécanisés qui utilisent l'appellation Hecho a mano |
| Tripa ou tripe | C'est le cœur du cigare, la liga, qui donnera au cigare ses arômes, sa puissance bref son caractère |
| Tripa Corta ou tripe courte | Tripe réalisée avec des feuilles "battues", c'est à dire coupées, souvent réalisée avec les chutes des feuilles de tripe |
| Tripa Larga ou tripe longue | Tripe allongée réalisée avec des feuilles de tabac entières |
| Vega | Plantation. C'est le lieu où sont cultivées puis récoltées les feuilles de tabac et enfin séchées |
| Veguero | Ouvrier travaillant à la plantation notamment à la récolte faite à la main qui est très éprouvante car les feuilles de tabac sont très grasses et vous enduisent d'une graisse noirâtre |
| Vitola ou vitole | Signifie un cigare précis de module et marque définis. A Cuba il équivaut à module. Vitola de Galera nom d'un module donné par la fabrique. Vitola de Salida appellation commerciale d'un module |
| Vitophile | Désigne le collectionneur de bagues de cigare. Vient du fait que Vitola signifie bague en Espagne |
| Volado | Classe (tiempos) de feuilles de tripe. Feuilles du bas de la plante. Légère en arôme et puissance, elle est utilisée pour permettre une bonne combustion |
| Volute | Effluve de fumée qui s'échappe du pied du cigare. Fumée blanche et bleutée qui s'élève vers les cieux en une danse torsadée et majestueuse au rythme des courants d'air |